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Retrouvailles enneigées [Pv Alfin - Flash back]

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MessageSujet: Retrouvailles enneigées [Pv Alfin - Flash back] Dim 24 Sep - 18:29
Une silhouette droite se dessinait dans ce paysage d'hiver. Depuis qu'Auréliane s'était relevée de l'assassinat de sa famille et avait décidé de plonger dans un monde de vengeance, elle avait cette démarche, droite, déterminée et sans failles. Pourtant... Elle avait l'air... si peu vivante. Elle était décidée à accomplir son but, à ne jamais faillir, mais elle avait un regard vide. Celui de celle qui a tout perdu et a oublié le goût du bonheur. C'était assez pathétique de laisser le désespoir la happer ainsi alors qu'elle avait pourtant décidé de ne plus abandonner et de ne pas mourir. Mais elle n'arrivait tout simplement pas à sourire face aux aléas de la vie. Ces flocons si fins qui s'entassaient en d'épaisses couches de neige n'arrivaient pas à la faire sourire. Pourtant, fut une époque où une joie épanouie ce serait emparée d'elle devant un aussi beau spectacle. Mais là, dans l'état où elle était, c'était juste de la neige. Un phénomène météorologique. Rien de plus, rien de moins.

Néanmoins, malgré ce vide en elle, elle était attentive à tout ce qui l'entourait, aux aguets. Le moindre crissement de pas dans la neige la faisait tendre encore plus l'oreille. Etait-elle parano ? A se demander... Peut-être un peu... Mais que voulez-vous ? Elle s'était enfermée dans un monde qui se résumait au Prisme. Dans un monde de batailles et de combats. Certes, elle ne faisait pas que ça. La preuve, c'était dans les rues d'Ayame qu'elle marchait, là. Elle rentrait chez elle, après un passage à Wisteria. On l'avait appelé il y a peu pour une mission qu'elle avait effectué sans soucis et après un compte-rendu à son supérieur au château, elle devait retourner chez elle.

Elle attendait avec hâte sa prochaine mission. Chaque seconde qui s'écoulait dans son "train-train monotone", elle la passait à attendre ça. La vengeance était la seule raison pour laquelle elle vivait. Et chaque fois qu'elle envisageait de se reposer ne serait-ce qu'un après-midi, l'image des corps calcinés et torturés de sa famille la hantait, lui rappelant qu'elle n'avait pas le temps de faire une pause. Et puis... Si elle pouvait éviter que d'autres histoires comme la sienne se reproduisent... Voilà qui était tant mieux. Elle ferait peut-être une chose de bien dans sa vie. Elle resserra les pans de sa cape, soufflant contre ses mains gélées. Ses gants avaient finis en lambeaux durant cette fameuse mission, il faudrait qu'elle en rachète. Elle tourna son regard vers quelques étalages, mais ne trouva évidemment rien, puisque elle était dans le coin où c'était la nourriture qu'on vendait.

Ce fut un mouvement un peu trop vif qui attira son oeil aguerri. Un vol. Pauvre enfant, derrière son épais manteau de fourrure, elle n'avait aucun mal à imaginer sa maigreur. Cependant, ce n'était pas une raison de laisser passer ça. Hors de question. Certes, il avait bien besoin de cette misérable pomme, et même de plus, mais elle ne pouvait pas laisser un vol se dérouler sous ses yeux. S'il le fallait, elle la lui achèterait, sa pomme, mais elle ne le laisserait pas filer. Elle comprenait bien qu'il n'avait pas d'autres choix pour survivre, mais... Elle ne pouvait pas laisser ça passer. En à peine trois enjambées, elle se retrouva derrière lui et se courbant en avant pour l'atteindre, elle lui saisit le poignet. Elle fit malgré tout attention à ne pas trop lui faire mal, car maigre et décharné comme il l'était, une simple pression autour du poignet devait lui paraître douloureuse. Et il était très faible, sur ça, elle ne doutait pas non plus. Il lui avait été tellement simple de le rattraper, même s'il avait voulu fuir.

- Ne fuis pas !
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MessageSujet: Re: Retrouvailles enneigées [Pv Alfin - Flash back] Jeu 28 Sep - 22:24
Retrouvailles Enneigées

Auré'

Un pas tremblant, un autre hésitant. Tu regardes ton corps si frêle et pâle d'un regard vide et sans émotion. Tu soupires et t'échoues sur les pavés humides d'une petite ruelle déserte, épuisé. Attrapant d'une main fébrile le mur, tu suffoques, sentant tes poumons te brûler, se propageant dans tout ton corps gelé. Tu grimaces avant de recracher non sans mal le peu de nourriture que tu avais ingéré la veille, certainement périmée depuis des lustres. Tu essuies ta bouche de tes mains dont le bout des doigts, blancs-violets à cause du froid, te semblent inexistants. Puis, dans un élan de rage et de peur, tu reprends ton éternel chemin pour aller... Où déjà ? Bonne question. Tu ne fais que fuir de toute façon, tu n'as aucun but, ni même le moindre espoir. Survivre, c'est le seul mot te venant à l'esprit. Eviter de crever de faim ou de devenir le jouet de ces salauds, c'est une option importante aussi. Alors malgré ton jeune âge, tu as appris, vitre, bien trop vite, ce qu'était la vie dans ce monde sordide. Et tu erres dans les rues, à la recherche de quoi te nourrir, de quoi te couvrir, bref, de rester vivant.

Un frisson parcourt l'ensemble de ton corps et tu te retournes, affolé. Le vent hivernal me diriez-vous ? Aah, si seulement. Mais non, une ombre, une silhouette te suit depuis un moment et, imbécile que tu es, tu ne l'avais même pas remarqué. A toi d'en payer les conséquences maintenant mon cher Alfin. C'est vrai, un gamin vêtu d'une simple veste et surtout, se promenant seul dans des ruelles peu fréquentées -et surtout fréquentables-, ça se remarque. Alors désormais, que vas-tu faire ? Fuir, comme toujours ? Bonne idée, bien que peu réalisable vu l'état de tes jambes. Alors, voir ce que l'homme prévoit de te faire ? De toute façon, tu n'as pas vraiment le choix, tu ne peux aller nul part...

Le soleil se lève et tu entre-ouvres les yeux, fronçant les sourcils, te redressant un peu. Tu décolles ton dos du mur sur lequel tu t'étais adossé et endormis, puis regarde autour de toi, le regard absent. Et tu te souviens de la veille, de cet homme, de ce parfait inconnu qui avait certainement dû profiter de ton corps si attirant pour ce genre d'obsédé. Étrangement, tu ne te souviens de rien. Seuls tes habits, un peu plus loin et dans un état laborieux, et des marques sur différentes parties de ton corps te ramènent à la réalité. Tu te lève avec dégoût, ayant envie de vomir en voyant ton état et ton dortoir d'une nuit. Tu attrapes ta veste et te faufile à l'intérieur, tout en te souvenant petit à petit. Cet inconnu était arrivé et t'avais attrapé et puis... Plus rien. Il a dû utiliser des substances pas nettes va, t'en fait pas Alfin. Tu t'en souviendras bien un jour ou l'autre. Ou pas. Tu continues à te déplacer lentement, longeant les murs et te cachant à la moindre vue d'une personne.

Tu soupires puis, d'un mouvement lent et peu déterminé, lève les yeux vers le ciel.
Tu le regardes, tes yeux ne semblent refléter aucune expression, mis à part une lourde fatigue et une lassitude t'amenant à réfléchir à ta condition de vie. Faudrait-il mieux retourner chez lui ? Le servir aussi bien le jour que la nuit ? Au moins, tu serais nourris,
logé et tu ne tremblerais pas de froid comme tu le fais maintenant. Alors, que décides-tu mon cher ? La liberté ou les barreaux ? Tu secoues la tête vivement, manquant de trébucher à cause d'un léger vertige. Pff, même pas capable de tenir debout et pourtant tu continues. Quel gamin obstiné. M'enfin, voilà quelque chose d'intéressant. Une famille passe à côté de toi, souriant et semblant respirer la joie de vivre. Tu te pétrifie,
puis continue ton chemin tel un chien abandonné en vérifiant à plusieurs reprises si personne ne te suis. Puis tu entends un brouhaha confus, non loin de toi. Tu regarde les murs, cherchant un quelconque repère. Ah, tu étais à la place du marché. Comment es-tu arrivé là ? Serait-ce les nombreuses odeurs aussi appétissantes qui t'y auraient conduit involontairement ? Certainement. Tu te colle au mur puis passe un bout de tête au coin d'un ruelle. A ta gauche, un stand de vêtements. A ta droite, des fruits, de quoi te redonner des forces. Tu regardes un à un les deux étalages qui te font face. Ton corps congelé crie famine, et, tel un zombie, tu te diriges vers l'odeur des pommes d'à côté, tentant d'ignorer les multiples personnes te frôlant, manquant de te renverser.

- Des pommes... Il m'en faut.. juste... une.

Tes lèvres répètent inlassablement ces mots, comme hypnotisé par ton objectif.
Tes pieds te conduisent machinalement devant un panier remplis de ces fruits juteux et,
d'une main tremblante, te saisit d'un des nombreux aliments. Un sourire béat se dresse sur ton visage creusé par la faim puis, alors que tu jettes un rapide coup d’œil à la marchande qui ne semble pas t'avoir vu, tu t'empresse de cacher ton butin dans l'une de tes poches. Soulagé, tu recules d'un pas mais quelque chose -ou plutôt quelqu'un- t'en empêche. Tu te retourne, affolé, et sens ton poignet être enveloppé d'une main à la fois chaude et ferme. Tu fermes les yeux, entraînant ton corps en arrière pour tenter de te libérer de l'étreinte de ton ravisseur. Ou plutôt ta ravisseuse. Tu hurles de rage, attrapant le bras de la demoiselle avec lequel elle te tenait, puis enfonce tes ongles dans sa peau si fine et pâle. Tu essaies de la griffer, de lui arracher la peau, de la faire souffrir et tes yeux s'illuminent en voyant un liquide rouge couler le long de tes doigts. Mais tu comprends aussitôt que ce n'est pas la jeune femme que tu as coupé mais plutôt tes ongles qui se sont brisés et retournés à cause du froid les ayant rendu aussi fragile qu'une brindille. Tu te retient de crier de nouveau, puis te rend compte que te débattre ne sers à rien, si ce n'est que cela t'a entraîné dans la ruelle où tu te trouvais quelques minutes plus tôt à l'abris des regards.

- Ne fuis pas !

Comme si tu allais l'écouter. Ces paroles te donnaient même plus envie de continuer à te tortiller de partout qu'à rester calme et attendre que le temps passe. Tu tousses, suffoquant à cause de l'effort fournis, puis regarde des pieds tout aussi abîmés que tes mains. Eux aussi s'apprêtaient à se déchirer. Tu préfères donc reprendre un peu ton souffle, toujours sous l'emprise de la demoiselle que tu n'osais pas regarder. Puis, d'une voix cassée et fatiguée, tu réponds :

- L-laisse-moi ! Je ne veux pas, j-je... Tu avales ta salive difficilement, puis lève la tête vers l'inconnue, pétrifiée. J-je vais la rendre si c'est ça m-mais... lâche-moi, je t'en supplie...

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MessageSujet: Re: Retrouvailles enneigées [Pv Alfin - Flash back] Hier à 19:50
Chose pas très surprenante, l’enfant tenta de se débattre. Mais un enfant des rues comme lui... C’était un réflexe normal qui ne surprenait guère Auréliane. Mais elle ne le laisserait pas partir. Elle n’allait pas non plus le tabasser comme certains de ces crétins qui… Enfin bref. Et qu’allait-elle faire ? Oui pourquoi l’avait-elle rattrapé… ? Au fond, c’était bien beau de dire ‘c’est mal de voler’ mais ce n’était pas comme si cet enfant avait le choix. Il recommencerait dès qu’elle aurait le dos tourné… C’était cruel de sa part de le rattraper pour l’empêcher de faire une mauvaise action et s’en aller juste après. C’était égoïste de sa part mais… Elle ne pouvait pas regarder cet enfant commettre un vol en restant les bras croisés.

- L-laisse-moi ! Je ne veux pas, j-je...

Et c’est alors qu’il leva les yeux. Auréliane en fut tellement surprise qu’elle n’entendit pas ce qu’il raconta d’autre. Ces yeux… Non… Ce n’était pas possible… Comment ? Non. Ne pas se faire d’idées. Garder son calme. Un œil mauve, un œil vert. Ça pouvait être une coïncidence, non ? Non, ça ne pouvait pas. Bien sûr que non. C’était bien trop peu commun. Et l’âge qu’elle estimait pour ce petit garçon correspondait aussi… De même que… ces crocs qu’elle apercevait vaguement quand il parlait. Mais… C’était impossible. Il devait être mort. Comme tout le monde, comme toute sa famille. Elle était l’unique survivante. Cela ne devait être qu’un rêve.

Pourtant tout semblait si… réel. La neige qui tombait délicatement sur son visage. Le froid qui lui mordait la peau. Le vent qui fouettait son visage et remuait ses cheveux, ce qui promettait un long démêlage. Et ce regard… Même un rêve n’aurait pas pu le reproduire aussi bien, aussi sauvage et haineux, aussi… vivant. Car oui, malgré son affreuse maigreur, les traces bleus que le froid semblaient laisser sur le froid, et toutes les autres marques des mauvaises conditions de vie, il était vivant et prêt à tout pour le rester. Du moins c’est l’impression qu’il donnait à Auréliane qui était encore sous le choc. Tant qu’elle lâcha son poignet en reculant d’un pas, sa main allant par réflexe caresser et dévoiler l’unique pendentif suspendu à son oreille droite.

Tout ce qui lui restait de sa mère. Et de sa famille en général. C’était la preuve qu’elle était une Rainsworth. Et qu’elle en était fière. Même si elle ne méritait pas… Non, elle ne méritait pas d’avoir fait partie d’une famille aussi formidable qu’elle n’avait même pas pu sauver. Elle était indigne de cette famille… Elle n’avait pas été là quand elle aurait dû l’être. Mais… C’était trop tard maintenant. Elle pouvait faire payer aux nobles, c’était tout ce qui lui restait. Ça ne ramènerait personne mais au moins, elle pouvait s’accrochait à ça. Alors pourquoi… Pourquoi cet enfant se tenait devant elle s’ils étaient tous morts ?!
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